En 2021 et 2023, des nouvelles dispositions ont été mises en place pour faciliter l’accès et améliorer les formations pour les aides-soignants. L’ensemble des textes a participé à donner une nouvelle dimension aux différents rôles des aides-soignants dans le parcours de soins du patient. De la formation initiale à des évolutions professionnelles tout au long de leur carrière, les possibilités sont nombreuses pour les aides-soignants. Quelles sont les nouvelles perspectives ? Explications.
Les évolutions du métier d’aide-soignant
Face aux difficultés des établissements hospitaliers pour recruter des aides-soignants, des mesures ont été prises tout d’abord au niveau de la formation initiale.
La formation pour obtenir le Diplôme d’État d’aide-soignant (DEAS)
L’accès aux Instituts de formation d’aides-soignants (IFFAS) a été facilité grâce à plusieurs dispositions :
• Deux sessions de rentrée sont prévues en janvier ou en septembre au lieu d’une seule auparavant ;
• Le nombre de places disponibles est augmenté avec un objectif de doublement des entrées en formation d’ici 2025 ;
• Il n’est pas nécessaire de déposer son dossier sur Parcoursup : le concours est remplacé par l’examen du dossier et un entretien avec le jury.
Le cursus pour l’obtention du diplôme d’État d’aide-soignant passe de 41 à 44 semaines (1 540 h) avec des cours théoriques et des stages. D’autre part, le DEAS est valorisé en devenant niveau 4 du cadre national des certifications professionnelles (au lieu du niveau 3).
Les nouvelles compétences des aides-soignants
Le référentiel évolue avec 5 blocs de compétences :
• Bloc 1 – L’accompagnement et soins de la personne dans les activités de sa vie quotidienne et de sa vie sociale ;
• Bloc 2 – L’évaluation de l'état clinique et la mise en œuvre de soins adaptés en collaboration ;
• Bloc 3 – L’information et l’accompagnement des personnes et de leur entourage, des professionnels et des apprenants ;
• Bloc 4 – L’entretien de l'environnement immédiat de la personne et des matériels liés aux activités en tenant compte du lieu et des situations d'intervention ;
• Bloc 5 – Le travail en équipe pluriprofessionnelle et le traitement des informations liées aux activités de soins, à la qualité/gestion des risques.
Cette refonte de la formation initiale permet de répondre aux nouvelles attentes pour ce métier. La population française est vieillissante et elle souhaite le plus souvent être maintenue à domicile. Il est donc nécessaire de confier plus d’autonomie aux aides-soignants pour qu’ils puissent répondre à l’évolution de la prise en charge des soins.
L’article R4311-4 du Code de santé publique entérine ce changement :
« L'infirmier ou l'infirmière peut également confier à l'aide-soignant ou l'auxiliaire de puériculture la réalisation, le cas échéant en dehors de sa présence, de soins courants de la vie quotidienne, définis comme des soins liés à un état de santé stabilisé ou à une pathologie chronique stabilisée (…). »
L’évolution de la fonction d’aide-soignant permet de gagner en autonomie, sans la présence systématique de l’infirmier même si ce dernier continue de coordonner les soins.
L’évolution de la carrière des aides-soignants
Une nouvelle avancée est liée au Ségur de la santé qui a eu lieu en 2020 et avec la création du corps des aides-soignants dans la Fonction publique hospitalière (FPH) :
• L’aide-soignant est maintenant considéré comme un professionnel de santé qui participe aux soins infirmiers ;
• Les titulaires du DEAS sont recrutés par concours dans les établissements de soins et l’évolution de leur carrière est conforme à leurs corps en catégorie B (2 grades de 12 et 11 échelons chacun).
La passerelle vers le métier d’infirmier
Le métier d’infirmier est aussi sous-tension. Il était important de faciliter les volontés d’évolution des aides-soignants pour accéder à ce métier.
Une passerelle spécifique existe pour accéder au Diplôme d’infirmier avec un allégement de formation. Le dispositif de 2021 a été modifié en 2023.
L’accès facilité en Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) : Les aides-soignants ayant trois ans d’expérience professionnelle peuvent intégrer directement la deuxième année de la formation infirmière après un parcours spécifique de 3 mois. Cette formation accélérée remplace la première année de formations d’infirmier. Le pari de ce nouveau dispositif : les connaissances et les compétences sont déjà acquises par les aides-soignants expérimentés.
Le parcours de 3 mois doit être validé pour que l’aide-soignant puisse intégrer l’IFSI et obtenir le DEI en deux ans.
La spécialisation et les certifications complémentaires pour les aides-soignants
Certaines formations permettent aux aides-soignants d’élargir leur champ de compétences et d’accéder à des postes spécifiques.
L’assistant de soins en gérontologie (ASG)
L’assistant de soins en gérontologie était nommé auparavant l’aide médico-psychologique.
La formation est destinée aux aides-soignants travaillant avec des personnes atteintes de maladies neurodégénératives, comme Alzheimer. L’ASG travaille ensuite au sein d’une équipe pluridisciplinaire pour mettre en place et promouvoir les bonnes pratiques de soin auprès des personnes âgées les plus vulnérables.
Il est nécessaire de suivre une formation pendant une durée de 20 jours répartis sur 4 à 5 mois. Une attestation de suivi assure que l’aide-soignant est apte à devenir ASG.
La formation des aides-soignants en soins palliatifs
Alors que les débats sur les questions de la fin de vie sont toujours en discussion, des aides-soignants peuvent faire le choix d’accompagner les patients avec une approche plus humaine et adaptée.
Pour acquérir ces connaissances, il est nécessaire de suivre une formation dont la durée n’excède pas une semaine. Le financement peut être assuré par l’établissement hospitalier ou l’Ehpad.
Les objectifs de cette formation consistent à :
• Connaître la législation en France relative aux soins palliatifs ;
• Repérer et évaluer les douleurs du patient pour adapter les types de réponses possibles ;
• Identifier les besoins du malade : ils peuvent être physiques, psychologiques, spirituels ou encore sociaux ;
• Être à l’écoute du patient et de ses proches ;
• Analyser ses pratiques professionnelles et identifier les enjeux éthiques.
Les méthodes pédagogiques intègrent bien sûr des apports théoriques. Des temps sont consacrés à des jeux de rôles et aux travaux de groupe pour mieux appréhender ces situations particulières.
La formation des aides-soignants pour devenir auxiliaire de puériculture
Pour exercer le métier d’auxiliaire de puériculture, il est nécessaire d’obtenir le Diplôme d’Etat d’auxiliaire de puériculture (DEAP).
Là aussi, des procédures adaptées existent pour les aides-soignants.
• La dispense de concours pour accéder à la formation : il suffit d’envoyer un CV et une lettre de motivation qui doit décrire le projet professionnel. Une sélection avec un jury est effectuée, en fonction des places disponibles.
• Seuls deux modules sont à valider : le premier concerne l’accompagnement de l’enfant dans les activités d’éveil (175 h sur 5 semaines) et le module n°3 les soins à porter à l’enfant (140 h en 5 semaines).
• Enfin, deux stages sont prévus au sein d’une structure d’accueil d’enfants de moins de 6 ans et dans un service des enfants malades, par exemple.