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17 July 2025

Hépatites : une journée mondiale pour en parler, et mieux protéger les soignants

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En France, près de 270 000 personnes souffrent d’une hépatite virale, et notamment d’hépatites B et C. Les soignants sont aussi concernés car ces maladies se transmettent principalement par le sang. Des mesures sont indispensables pour bien les protéger. Chaque année, le 28 juillet, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) mobilise les acteurs des soins contre les hépatites. L’occasion de parler de ces maladies et de leur prise en charge.

Une journée mondiale pour lever les obstacles et mieux soigner la maladie

Pourquoi une journée mondiale contre les hépatites ?

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les hépatites sont « évitables, traitables et, dans le cas de l’hépatite C, guérissables ». Pour rappeler la nécessité d’une prise en charge de ces maladies, l’OMS organise chaque année une journée mondiale le 28 juillet. Pour cette édition 2025, l’organisation a choisi le thème « Éliminer l’hépatite ».

Les hépatites A, B, C, D, E et G sont des inflammations du foie, provoquées par des virus. Ces hépatites virales sont, dans le monde, la deuxième cause de décès dû à une maladie infectieuse selon l’OMS. Les hépatites B et C, notamment, ont des conséquences graves sur le foie, allant jusqu’au cancer.

Bon à savoir : La date du 28 juillet correspond à celle de l’anniversaire de Baruch Blumberg, le scientifique américain (et prix Nobel) à l’origine de la découverte de l’hépatite B. Le scientifique a également mis au point un vaccin contre le VHB.

En France aussi, la lutte contre l’hépatite virale est un enjeu de santé publique

L’hépatite B et l’hépatite C sont fréquemment asymptomatiques : une personne sur trois ignore qu’elle est concernée (chiffres Inserm). Or, lorsqu’ils ne sont pas dépistés, les malades peuvent à leur tour contaminer d’autres personnes. En l’absence de prise en charge, ces maladies évoluent pendant plusieurs années jusqu’à l’apparition de complications graves : cirrhose, cancer du foie… Chaque année en France, l’hépatite B provoque 1 300 décès, et 4 000 nouvelles personnes sont infectées par l’hépatite C (VHC).

Dépistage, traitement : quelle prise en charge de l’hépatite en France ?

La politique de dépistage menée en France depuis plusieurs années ainsi que l’arrivée de nouveaux traitements permettent de meilleures perspectives pour les patients, relève l’Inserm. Ainsi, le nombre de porteurs chroniques du VHC a diminué de 232 000 en 2011, à 134 000 en 2024. Depuis septembre 2024, le dépistage du VHB (hépatite B) peut être demandé par le patient, sans ordonnance, directement auprès d’un laboratoire de biologie médicale.

Par ailleurs, le dépistage des hépatites est proposé gratuitement dans les CeGIDD (centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic), ainsi que dans plusieurs services hospitaliers spécialisés dans le traitement de ces maladies. Ces différentes adresses sont recensées sur le site Hepatites-info-service.org.

Exposition des soignants aux hépatites : quelles sont les recommandations de la HAS ?

Comme le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), les hépatites B et C se transmettent principalement par le sang. Les soignants peuvent donc faire face à un risque de contamination, notamment à la suite d’un accident d’exposition au sang (AES). Une surveillance nationale a d’ailleurs été mise en place entre 1991 et 2021 afin de recenser les contaminations et appliquer des mesures de prévention.

En 2023, la Haute Autorité de Santé a publié plusieurs recommandations pour les soignants, en matière de vaccination et de prévention des hépatites virales.

Bon à savoir : Selon Santé Publique France, les accidents d’exposition au sang (AES) se produisent le plus souvent lors de soins infirmiers, soit 44,5 % des cas, devant les actes chirurgicaux (22,1 %).

Une immunisation obligatoire contre l’hépatite B

La vaccination contre l’hépatite B est obligatoire pour les professionnels de santé exposés à un risque de contamination. Cela concerne également les étudiants qui se préparent à exercer des métiers de la santé. À moins d’être déjà immunisés, la vaccination est donc obligatoire pour les médecins, les sage-femmes, les infirmières, les kinésithérapeutes ou encore les aides-soignantes et les techniciens en analyses biomédicales.

Comme le VIH et le VHC, le VHB se transmet par le sang : relations sexuelles non protégées, de transfusion de sang sans dépistage préalable ou par contact avec du matériel médical contaminé.

Bon à savoir : en France, la vaccination contre l’hépatite B est également obligatoire pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018.

Contre l’hépatite C, l’importance des gestes d’hygiène

Dans le cas de l’hépatite C, la HAS n’établit aucune recommandation de vaccination. Et pour cause : il n’existe pas de vaccin, même s’il y a bien des traitements antiviraux en cas de contamination.

Le mode de transmission de l’hépatite C est le même que pour l’hépatite B. Comme le virus peut être transmis lors de gestes de soins, la prévention repose sur plusieurs bonnes pratiques.

  • Le dépistage des patients susceptibles d’être contaminés par le VHC ;
  • Le port d’équipements de protections (gants, tablier…) ;
  • L’utilisaiton d’un conteneur pour objets perforants ;
  • Le nettoyage et la désinfection du matériel immédiatement après utilisation.

Une recommandation vaccinale et des gestes d’hygiène contre l’hépatite A

Il existe également un vaccin contre l’hépatite A, mais il n’est pas obligatoire. Cela s’explique par « une circulation plus limitée du virus », selon la HAS, ainsi qu’une évolution bénigne de la maladie. L’hépatite A est en effet surtout transmise par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés et les risques de transmission nosocomiales sont très faibles. Aussi, la HAS met plutôt l’accent sur le respect des mesures d’hygiène : le lavage des mains notamment.

Sources :

  • OMS (organisation Mondiale de la Santé)
  • Hépatites Info Services
  • Institut Pasteur
  • Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale)
  • Santé Publique France

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