Les rhumatismes touchent 12 à 13 millions de Français. C’est le résultat annoncé lors d’un sondage Ifop « les Français et les rhumatismes », mené par l’Inserm. 93 % des interrogés déclarent qu’ils ont déjà souffert de douleurs articulaires au moins une fois dans leur vie. Les conséquences sur leur vie quotidienne sont nombreuses et en particulier une diminution de la mobilité. Parmi ces personnes atteintes, des professionnels de santé. Comment gérer ce type de pathologie lorsque l’on est un soignant ? Réponses et explications.
Les rhumatismes, un ensemble de pathologies
Cette étude révèle l’ampleur des personnes atteintes par cette pathologie mais aussi la méconnaissance des Français. S’ils savent que les douleurs sont handicapantes pour la vie quotidienne, une grande majorité pensent que ce n’est pas une maladie grave. Or, les rhumatismes ont un impact important sur la qualité du sommeil. Ils provoquent aussi une plus grande sédentarité des malades, augmentant notamment le risque de maladies cardio-vasculaires.
Un site a été réalisé par l'équipe médicale et paramédicale du pôle ostéo-articulaire de l'hôpital Cochin (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) pour répondre aux questions sur différentes pathologies. En effet, les rhumatismes recouvrent plusieurs maladies qui ont chacune leurs spécificités :
• L’arthrite juvénile idiopathique ;
• L’arthrose ;
• Le lupus ;
• Le mal de dos ou lombalgie ;
• Les myosites ;
• L’ostéoporose ;
• La polyarthrite rhumatoïde ;
• La spondyloarthrite ;
• Les syndromes OCMR / SAPHO ;
• Etc…
Les rhumatismes, à tous les âges
Contrairement aux idées reçues, ces douleurs articulaires ne touchent pas uniquement les personnes âgées. C’est le cas (rare) de l’arthrite juvénile idiopathique qui est un groupe de maladies rhumatismales, débutant avant 16 ans.
En France, 4 000 enfants souffrent de rhumatismes inflammatoires. Il n’est pas toujours aisé de diagnostiquer ce type de pathologie car les enfants se plaignent peu de douleurs persistantes.
En effet, ils adoptent des techniques pour contourner la souffrance et s’adaptent, sans en parler.
Les soignants sont aussi concernés par les douleurs rhumatismales
Ces maladies ne sont pas uniquement handicapantes pour les patients : les soignants sont aussi particulièrement sensibles à ce type de pathologies. Une étude de Santé publique France révèle que « le secteur de la santé humaine et action sociale » est particulièrement touché par les TMS (troubles musculo-squelettiques).
Les contraintes biomécaniques importantes pour les soignants
Le port des charges lourdes constitue le quotidien des soignants avec le déplacement et le transfert des patients, ainsi que du matériel médical. Ces gestes répétés sollicitent énormément le dos, les épaules ainsi que les bras, provoquant des lombalgies mais aussi des tendinites.
Les postures prolongées et les mouvements répétitifs sont aussi sources de douleurs rhumatismales. Plusieurs enquêtes montrent que 30 % des infirmiers souffrent de TMS, ce qui est supérieur à la moyenne nationale.
Les facteurs psychosociaux et organisationnels
C’est l’autre groupe de facteurs qui participent à l’apparition de douleurs rhumatismales : le stress, les rythmes intenses, parfois en horaires décalés. Cela aggrave les risques de douleurs chroniques.
Bon à savoir : 2,3 millions de jours de travail sont perdus du fait des arrêts de travail des salariés touchés par les TMS. 60 % des arrêts sont en lien avec le mal de dos.
La prévention des rhumatismes au sein des établissements publics de santé
Pour éviter que le personnel médical ne soit trop exposé aux douleurs rhumatismales, la détection et la prévention sont indispensables.
La prévention au sein des établissements hospitaliers
Depuis des années, les établissements hospitaliers organisent des formations pour la prévention des TMS. Cela consiste à expliquer aux soignants comment limiter les douleurs en privilégiant des postures adaptées pendant leurs activités professionnelles.
Des pratiques à privilégier pour limiter les douleurs rhumatismales
Les spécialistes préconisent de plus en plus de pratiquer une activité physique régulière, même lorsque la personne est douloureuse. En effet, la marche dynamique et surtout la natation permettent d’améliorer le tonus musculaire, sans générer d’appui sur les articulations.
La perte de poids peut aussi avoir son importance pour soulager l’articulation et atténuer la douleur. Une idée fausse : il n’y a pas de régime alimentaire pour limiter ou combattre efficacement l’arthrose par exemple. Comme pour toutes les pathologies, une alimentation équilibrée et en quantité juste reste à privilégier.
Et pourquoi ne pas adopter une routine quotidienne avant la prise de poste : des assouplissements et des échauffements pour effectuer un réveil musculaire, qui réduit les TMS et soulage les douleurs rhumatismales.
Travailler même si …
C’est le credo de plusieurs spécialistes de ces pathologies invalidantes. Continuer son activité professionnelle est primordial : il est en revanche indispensable d’en parler à la médecine du travail pour que le poste soit adapté aux difficultés du soignant.
Tous les ans, des journées nationales de rhumatologie ont lieu au mois de mai : un excellent moyen de se renseigner sur les bonnes pratiques concernant la vie avec des rhumatismes.