À l’hôpital, peut-être encore plus qu’ailleurs, le bien-être au travail est indispensable. Il impacte directement la qualité des soins, la sécurité des patients et la performance de l’établissement. Les agents hospitaliers ont ainsi besoin des meilleures conditions d’’exercice possibles, notamment pour faire face à des situations parfois difficiles. Quelles actions existent pour engager une démarche de QVCT (qualité de vie et des conditions de travail) à l’hôpital ?
Le bien-être des soignants, une composante de la qualité des soins dans la Fonction publique hospitalière
Qualité des soins : de quoi parle-t-on ?
La qualité des soins est définie par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) comme des soins sûrs, efficaces et centrés sur la personne (source). Il s'agit aussi d’un levier de performance et d’efficacité pour les établissements de soins, au même titre que les conditions de travail des soignants.
Le facteur humain et l’organisation des équipes impactent la qualité des soins
Si le lien entre bien-être des professionnels de santé et soins de qualité semble évident, il est confirmé par un rapport de la Haute Autorité de Santé paru en 2022. La HAS a défini 4 grandes familles de déterminants de la qualité des soins, dont au moins 3 concernent directement les soignants :
• les ressources matérielles ;
• les ressources humaines ;
• l’organisation ;
• et coopération des équipes.
En 2020, la pandémie de Covid-19 a mis en évidence l'importance de la santé mentale des agents. Celle-ci a été fortement impactée par la crise sanitaire, les afflux de patients, la saturation des lits et le climat général de tension, comme le relève un rapport de Santé publique France. Claire, infirmière depuis 11 ans, peut en témoigner. « Quand je suis bien dans mon service, quand j’ai le temps d’écouter un patient ou simplement de souffler entre deux soins lourds, je sens que je fais mieux mon travail. Ça se voit tout de suite dans la relation avec les patients. »
Comment agir pour améliorer le bien-être des soignants et la qualité des soins ?
Prévenir plutôt que guérir
Le dossier de Santé publique France sur la santé mentale des soignants revient aussi sur la nécessité de la prévention. Il cite plusieurs exemples d’actions, parmi lesquels :
- améliorer la communication dans les équipes avec des informations plus transparentes ;
- encourager la solidarité au sein des services ;
- former les soignants à l’accueil des patients ;
- faciliter la garde d’enfants ;
- proposer des ateliers de relaxation ;
Des mesures loin d’être accessoires, qui aident à réduire le stress des équipes.
Sylvie, ASH (agent de service hospitalier) a pu constater les améliorations dans son établissement. Entre autres actions, l’hôpital où elle travaille propose un atelier de relaxation deux fois par mois. « Pendant 45 minutes, on se pose, on respire, on relâche. Et ça fait un bien fou, physiquement et moralement. Alors quand un patient me remercie parce que sa chambre est propre, parce que je lui ai souri, je me dis que oui, mon bien-être compte. »
Benoit, ambulancier, le ressent aussi. Il bénéficie de temps d’échange et d’une plateforme de soutien psychologique à distance. « Mon métier est intense, et savoir que j’ai des ressources pour souffler a changé mon rapport au travail. Je me sens plus solide pour les patients et les familles. »
Un guide pour engager une démarche de QVCT à l’hôpital
La Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), le réseau Anact-Aract et les Agences régionales de santé (ARS) ont édité un guide sur la QVCT (qualité de vie et des conditions de travail). L’objectif : accompagner les établissements de soins dans leurs démarches. Pour rappel, la QVCT vise à « améliorer le travail dans le but de développer la santé des personnes au travail et contribuer à la performance globale (opérationnelle, économique, sociale et environnementale) de l’organisation » (source).
Au-delà des recommandations, le guide détaille des cas pratiques pour démontrer les effets des démarches de QVCT initiées dans différents établissements. Par exemple : aménager la salle de pause, réorganiser les horaires, améliorer les dotations en matériel, modifier les process d’intégration des nouveaux agents… Et il est intéressant de noter que, dans certaines situations, le simple fait de libérer la parole des soignants autour d’un projet a permis d’identifier d’autres pistes de réflexion. Toujours dans l’intérêt des professionnels et des patients.