Les robots ont débarqué à l’hôpital, et pas uniquement dans les blocs opératoires ! Les innovations technologies et l’intelligence artificielle ont permis de développer des automates, destinés à accompagner les malades dans le cadre de soins spécifiques. C’est le cas à Montpellier, où les enfants bénéficient de la présence apaisante de Miroki pendant les séances de radiothérapie. À terme, ces robots pourraient également soulager les soignants pour certaines tâches, comme le transport d’objets lourds, ou le déplacement de chariots. Découverte.
Miroki : un robot pour égayer le quotidien d’enfants hospitalisés
Avec son allure humanoïde, ses bras articulés et ses couleurs vives, « Miroki » peut surprendre lorsqu’il se promène dans un service hospitalier. Il y a pourtant toute sa place car il tient compagnie à des enfants hospitalisés.
Le robot est conçu pour intervenir dans des établissements de soins
Ce petit robot – il mesure 1,3 mètre pour 30 kg – présente un design tout droit tiré de films d’animation. Son visage expressif rappelle d’ailleurs celui de personnages de dessins animés. Il se déplace sur une petite sphère. Autant de caractéristiques qui plaisent aux enfants. L’automate a été mis au point par Enchanted Tools. La startup française l’a conçu pour les patients de services hospitaliers, ou les seniors dans des EHPAD. Miroki ne soigne pas bien sûr, mais il réagit avec son interlocuteur, grâce à l’intelligence artificielle. Il peut sourire, montrer des émotions ou encore apporter une information vocale.
Une expérimentation dans un service de cancérologie à Montpellier
Depuis octobre 2024, le robot fait ses premiers pas (ou ses premiers tours de roue) à l’Institut du Cancer de Montpellier (ICM). Il est devenu un « compagnon interactif », dans le service de radiothérapie pédiatrique. Les enfants sont souvent anxieux pendant les séances de radiothérapie : ils ne peuvent être accompagnés par un proche ou un soignant. C’est donc Miroki qui les apaise : en leur donnant la main et en agitant ses oreilles par exemple ! « Avec Miroki, nous permettons à l’enfant de ne plus jamais se sentir seul dans la pièce de radiothérapie », relève ainsi l’un des radiothérapeutes en pédiatrie. Le robot Miroki va également être testé dans plusieurs hôpitaux, comme à l’hôpital Necker – Enfants malades à Paris.
À terme, le robot pourra aussi aider les soignants
Le rôle du robot ne s’arrête pas ce type de mission d’accompagnement Comme le précise un communiqué sur le site info.gouv.fr, 500 robots du même type seront fabriqués dans le courant de l’année 2025. Ils seront utilisés dans les hôpitaux ou les EHPAD, avec un même objectif : « venir en aide aux personnes dans les établissements ». Avec ses bras manipulateurs, Miroki peut par exemple « tirer un chariot ou transporter de petits objets », explique la startup qui l’a conçu.
Paro, Nao… il existe aussi d’autres expérimentations !
Miroki n’est pas le seul robot qui commence à prendre de la place à l’hôpital. D’autres automates ont vu le jour ces dernières années : la peluche articulée Paro pour les patients atteints d’Alzheimer ou encore Nao, spécialiste de la pédagogie pour les enfants.
Une peluche articulée pour mieux communiquer avec des patients atteints d’Alzheimer
À l’hôpital Broca en région parisienne, le « Living Lab Usage » (laboratoire d’analyse des usages en gérontologie) a testé un robot en forme de bébé phoque. La peluche articulée « Paro » est utilisée pour faciliter la relation entre les soignants, et des patients qui souffrent de troubles cognitifs, comme Alzheimer notamment. Cela permet « de calmer des troubles du comportement ou de débloquer la communication lorsque le patient s’isole », détaille Manon Demange, neuropsychologue.
Un robot humanoïde pour aider les enfants dans leur apprentissage
Comme le robot Miroki, le robot NAO présente une allure humanoïde et des couleurs vives. Il aide les enfants à apprendre en prenant compte de leurs difficultés, par exemple lorsqu’ils sont autistes. Ou à reprendre goût à l’école lorsqu’ils sont hospitalisés. Le service psychiatrie de l’enfant de l’hôpital d’Argenteuil (Val-d’Oise) y a recours, tout comme l’hôpital François Truffaut (Val-de-Marne), auprès d’enfants autistes.
Et au CHU de Bordeaux, Nao a permis à des enfants hospitalisés dans une unité d’hématologie et de cancérologie de recréer du lien autour d’activités pédagogiques.