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5 May 2025

Comment l’empathie des soignants soulage-t-elle les patients ?

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Les professionnels de santé jouent un rôle déterminant lors de l’hospitalisation des patients. Mais au-delà de leurs connaissances et leurs expertises, l’attitude des soignants peut contribuer à soulager la douleur des malades selon une étude récente de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Quelles sont les mécanismes qui participent à ce bien-être ? Explications.

l’empathie des soignants soulage les patients

La douleur varie selon le comportement des soignants

La douleur de plus en plus prise en charge par le personnel soignant

La douleur des patients a été longtemps minimisée par les équipes médicales, mais depuis la loi n°2002-303 du 04/03/2002, elle doit être obligatoirement prise en compte par les soignants. « Toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée ».

Une expérience originale pour valider une intuition

À côté des pratiques médicamenteuses, les soignants savent que leur « comportement peut influencer le ressenti douloureux des patients. La reconnaissance de la souffrance, l’empathie peut diminuer la douleur » explique Camille Fauchon, chercheur au sein de l’équipe d’intégration centrale de la douleur chez l’Homme (NeuroPain) du Centre de recherche en neurosciences de Lyon (Lyon/Saint-Etienne).

C’est en 2019 que cette première étude est lancée pour confirmer ou infirmer cette simple constatation. Les chercheurs ont décidé d’une mise en scène particulière pour éviter d’imposer des stimuli douloureux aux patients. Si l’on parle de mise en scène, c’est parce qu’ils ont fait appel à une troupe de comédiens qui « ont joué des phrases écrites par les psychothérapeutes, selon trois versions : neutre, empathique ou non-empathique, avec des mots clés forts » indique Camille Fauchon. Les malades devaient évaluer leur douleur pendant des soins alors qu’ils entendaient les paroles des faux soignants dans la pièce d’à côté. Le dispositif devait être le plus confortable pour les patients.

Ces derniers étaient soumis à un stimulus douloureux de 60 (sur une échelle jusqu’à 100). Et lorsqu’ils entendaient des commentaires positifs, leur ressenti diminuait d’environ 12 %. « C’est tout à fait significatif : certains médicaments ne font pas mieux » insiste Camille Fauchon. En revanche, les phrases négatives n’augmentent pas le ressenti des patients. Le chercheur pense qu’il s’agit d’un mécanisme de défense pour éviter de souffrir plus.

Une fois cette réalité établie, les chercheurs ont pu valider scientifiquement cette expérience grâce à d’autres informations médicales. Ils ont découvert que c’est l’activité des réseaux « supérieurs » cérébraux qui modulent la sensation douloureuse.

« Cela confirme qu’en modifiant le contexte par une attitude empathique, on modifie la perception douloureuse via le recrutement de réseaux cérébraux de haut niveau » conclut Camille Fauchon.

Les difficultés respiratoires et l’empathie des soignants

L’empathie, une notion de mieux en mieux comprise

Grâce aux avancées de l’imagerie médicale, les mécanismes cérébraux sont mieux cernés. Ils ont été étudiés en particulier pour comprendre comment fonctionne l’empathie. Les sujets de la recherche étaient soumis à des stimuli différents : ils devaient répondre à des stimulations de douleur ou étaient avertis par un signal lumineux de la stimulation à la douleur d’un proche.

Les résultats montrent que les régions cérébrales activées sont similaires, que le sujet soit soumis à la douleur ou à celle d’un de ses proches. L’expérience empathique active automatiquement une partie des régions du réseau de la douleur. Il s’agit dans ce cas des aires émotionnelles et non sensorielles : le cerveau fait bien la différence entre sa douleur et celle d’un autre.

Soulager les patients grâce à l’empathie des soignants

D’autres praticiens se sont emparés de ces études pour des cas particuliers comme celui des maladies respiratoires. Thomas Similowski, directeur d’une unité de recherche Inserm/Sorbonne Université, a voulu expérimenter l’impact de l’empathie sur des patients atteints d’asthme ou de bronchopneumopathie obstructive. En effet, les épisodes de détresse respiratoire, s’ils ne sont pas douloureux, restent très angoissants. L’hypothèse émise est donc : l’empathie du soignant peut aider à supporter une dyspnée.

L’expérience a été organisée avec 80 patients sains chez qui les chercheurs ont provoqué, sous contrôle, une dyspnée aiguë. Une moitié des sujets était accompagné par des soignants bienveillants et l’autre partie avec des soignants qui répondent de manière neutre et ne provoquent pas d’interactions.

« La différence est tout à fait significative sur les échelles d’évaluation, en particulier pour la composante affective. Cela prouve, comme notre intuition le suggérait, que l’empathie soulage les patients atteints de dyspnée en jouant sur cette composante », explique Thomas Similowski.

Ces résultats encouragent les chercheurs à continuer les études sur un projet plus vaste. En effet, pour convaincre les soignants de l’importance de leur attitude, ils prévoient une nouvelle étude avec 400 soignants qui vont visionner des vidéos de patients en dyspnée pour « documenter leur ressenti et leurs réactions » ajoute Thomas Similowski.

À terme, des formations seront proposées pour que les professionnels de santé utilisent l’empathie dans les cas de détresse respiratoire.

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