Quel que soit l’âge et l’état de santé des patients, une intervention chirurgicale peut devenir source de stress et d’angoisse. Afin de diminuer cette anxiété, les établissements hospitaliers mettent en œuvre différentes techniques avant l’arrivée au bloc. La réalité virtuelle thérapeutique, l’hypnose médicale, ou encore la musicothérapie et le « patient debout » participent ainsi au mieux-être du patient. À la clé, une meilleure récupération et des procédures facilitées.
Réduire le stress et l’anxiété avant une opération : un enjeu pour l’hôpital
Qu’elle soit locale ou générale, l’anesthésie est un acte médical banal et bien maîtrisé. En France, les médecins anesthésistes et les infirmiers anesthésistes diplômés d’État (IADE) en pratiquent 13 millions chaque année ! Il s’agit pourtant d’un acte qui angoisse encore certains patients. Pour les équipes soignantes, diminuer cette anxiété présente plusieurs bénéfices.
Faciliter les procédures préopératoires
Un patient plus calme peut se révéler plus coopératif pour certains actes, comme la pose de la perfusion ou la prise de médicaments.
Renforcer la confiance envers l’équipe soignante
Le patient communique mieux avec le personnel hospitalier dans un environnement apaisé Cela facilite la discussion sur les recommandations post-opératoires et encourage le patient (ou sa famille) à poser toutes ses questions avec plus de sérénité.
Réduire les complications et aider à la récupération
Des niveaux élevés de stress peuvent augmenter les risques de complications (problèmes cardiaques, réponse inflammatoire accrue…). Un patient plus détendu, au contraire, est susceptible de mieux réagir à l’anesthésie et de récupérer plus rapidement.
Enfin, l’expérience est vécue de manière plus positive et le patient conserve une meilleure perception de son passage dans un service hospitalier.
Quelles techniques possibles pour réduire le stress avant une opération ?
L’hypnose médicale avant une anesthésie générale ou pendant une anesthésie locale
La pratique de l’hypnose médicale pour accompagner les patients sous anesthésie se répand de plus en plus. Les soignants peuvent d’ailleurs se former à l’hypnose thérapeutique dans le cadre de la formation continue. Lors d’une intervention chirurgicale, l’hypnose est utilisée de différentes manières.
- Avant une anesthésie générale, afin de réduire l’anxiété du patient et de le guider dans un état de relaxation profonde. Cela réduit également les besoins en sédation préopératoire.
- Lors d’une anesthésie locale, pour que le patient reste calme et apaisé pendant toute la durée de l’intervention. L’hypnose aide à altérer sa perception de la douleur et à diminuer son angoisse, en concentrant son attention sur des pensées positives ou une expérience relaxante.
Le CHU de Bordeaux fait partie des établissements de santé qui intègrent l’hypnose médicale dans les parcours de soin. Et pas uniquement au bloc opératoire puisque ce traitement complémentaire est aussi proposé lors de soins douloureux ou dans la prise en charge de phobies, par exemple.
Le casque de réalité virtuelle pour détendre un patient opéré sous anesthésie locale
La réalité virtuelle ne se cantonne pas uniquement aux jeux vidéo : cette technologie est aussi utilisée dans le domaine de la santé ! Le CHU de Besançon a ainsi doté ses services de chirurgie de plusieurs casques de réalité virtuelle. Ceux-ci équipent les patients avant ou pendant une opération, afin de « les aider à gérer anxiété et douleur », précise le CHU sur son site internet.
Le principe est sensiblement le même que l’hypnose médicale et fait aussi appel à la musicothérapie. Cela aide le patient à se concentrer sur une ambiance apaisante (musique, images…) pour oublier l’environnement et modifier sa perception de la douleur. Ces dispositifs permettent de « privilégier les anesthésies loco-régionales plutôt que générales » et facilitent la récupération post-opératoire. Le même dispositif est aussi utilisé à l’hôpital de Châteauroux.
Le dispositif du « patient debout » en chirurgie ambulatoire
Se rendre au bloc opératoire en marchant, en compagnie d’un soignant : c’est le dispositif appliqué dans plusieurs centres hospitaliers. La Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR) recommande ainsi plusieurs principes pour organiser ce transfert :
- le patient est accompagné par un soignant pour se rendre au bloc opératoire, dans une tenue qui préserve sa pudeur ;
- il est accueilli dans un espace rassurant, où il peut poser ses questions aux équipes de bloc ;
- il reste autonome et digne, en conservant par exemple ses lunettes ou ses prothèses auditives jusqu’au moment où il s’installe sur la table d’intervention pour que la perfusion soit posée.
Le patient reste ainsi « acteur de son soin », relève le centre hospitalier de Douai dans les Hauts-de-France. Pour le Groupe Hospitalier Bretagne Sud, cette pratique permet aussi au patient de conserver plus de dignité, et de faciliter sa relation avec les soignants, avec « une sensation positive d’arriver en marchant et non sur un brancard ».
Le dispositif présente aussi un intérêt pour les hôpitaux : le parcours des patients est fluidifié et le nombre de transferts d’un brancard à un autre est réduit.
Ce ne sont pas les seules pratiques innovantes adoptées par les établissements de santé. D’autres approches existent, comme en chirurgie pédiatrique où les enfants se rendent au bloc en conduisant une petite voiture. Autant d’initiatives qui facilitent les procédures et favorisent le mieux-être des patients ainsi que des équipes soignantes !